La plupart des gens obèses ou qui souffrent d’embonpoint ont déjà essayé de perdre du poids et ont de la difficulté à ne pas reprendre le poids perdu. La liposuccion apparaît comme une bonne solution pour perdre du poids rapidement et ainsi améliorer sa santé. Il semblait logique de penser qu’en aspirant des kilos de graisse abdominale superflue, on pourrait améliorer le métabolisme, dont la maîtrise de la tension artérielle et du taux de sucre et de gras dans le sang. De telles améliorations diminuent le risque de souffrir de diabète et de maladies cardiovasculaires.

Les résultats d’une récente étude démontrent que la liposuccion n’est d’aucune utilité pour améliorer le métabolisme malgré la perte de poids subite. Quinze femmes américaines ont participé à cette étude. Sept étaient diabétiques, huit ne l’étaient pas. Elles ont toutes subi une liposuccion de la graisse abdominale. Les chercheurs ont établi un bilan métabolique de ces femmes avant l’opération et 10 à 12 semaines plus tard. Ils ont ainsi mesuré la sensibilité du foie, des muscles et du tissu graisseux à l’insuline de même que les niveaux de substances marquant l’inflammation dans le corps, la tension artérielle et les taux de sucre (glycémies) et de gras (bilan lipidique) dans le sang. Aucun des paramètres mesurés 10 à 12 semaines après l’intervention ne s’est amélioré.

 

Les chercheurs se questionnent maintenant sur la signification des résultats de cette étude. Ils ont déjà émis plusieurs hypothèses. Premièrement, malgré la perte de gras abdominal, l’apport énergétique n’a pas diminué par rapport à la dépense énergétique. Nous connaissons tous la recette pour perdre du poids : manger moins pour absorber moins de calories et bouger plus pour dépenser plus de calories. La liposuccion n’est qu’une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer la graisse superflue. Elle ne nécessite pas de modifier son alimentation et ses habitudes de vie. Il semblerait donc, selon les chercheurs, qu’un déficit énergétique est nécessaire pour enclencher les améliorations au métabolisme et diminuer la résistance à l’insuline.

 

L’autre hypothèse des chercheurs est liée au type de graisse qui est retirée lors de la liposuccion. Au cours de cette intervention, seul le gras abdominal superficiel est éliminé. Or, plusieurs études semblent indiquer que c’est le gras viscéral, ou celui qui entoure les intestins et les autres organes dans l’abdomen, qui est le plus actif et qui serait associé aux problèmes métaboliques caractéristiques de l’obésité. Des études supplémentaires seront nécessaires pour évaluer si un prélèvement de graisse viscérale équivalent à la quantité de graisse superficielle retirée lors de cette étude entraînerait des améliorations de tension artérielle, de niveaux de sucre, de gras et de substances inflammatoires dans le sang.

 

Il semble donc, à la lumière de ces résultats, que les bonnes vieilles recommandations diététiques et physiques sont toujours vraies : manger moins et bouger plus. C’est encore la seule recette éprouvée pour perdre les kilos en trop. Une bonne dose de motivation reste essentielle pour poursuivre les efforts entrepris et préserver les bienfaits apportés par la perte de poids.